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Sommet sur le racisme : Le président iranien fait à nouveau scandale

Sommet sur le racisme : Le

 

président iranien fait 

à nouveau scandale

Des délégués quittent la salle pendant le discours d'Ahmadinejad

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n’a pas manqué de se lancer dans une diatribe contre l’Etat hébreu. C’est la crainte d’une réédition de ce scénario qui avait justifié la défection à Genève de plusieurs pays occidentaux dont l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Pologne. Lors de son discours lundi devant les participants de la conférence de l’ONU sur le racisme, Durban II, qui se déroule à Genève, le président iranien a réitéré ses critiques contre la création d’Israël après 1945, l’assimilant à un « gouvernement raciste » au Proche-Orient.

Une conférence sous tension

« Après la fin de la Seconde guerre mondiale, ils (les Alliés, ndlr) ont eu recours à l’agression militaire pour priver de terres une nation entière sous le prétexte de la souffrance juive, a expliqué Mahmoud Ahmadinejad. Ils ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et du monde de l’Holocauste pour établir un gouvernement raciste en Palestine occupée ». L’intervention du président iranien a duré plus de trente minutes au lieu de sept prévu.

Ses déclarations ont provoqué le départ de la salle de plusieurs représentants européens.

L’indignation générale

Déçue par la tournure prise par la journée, l’ONU a vivement critiqué les déclarations de Mahmoud Ahmadinejad. « Je déplore l’utilisation de cette plateforme par le président iranien pour mettre en accusation, diviser et même provoquer », a déclaré Ban Ki-moon. « C’est profondément regrettable que mon plaidoyer pour regarder vers un avenir d’unité n’ait pas été écouté par le président iranien », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur américain adjoint à l’ONU, Alejandro Wolff, a qualifié de « honteux », d’« exécrables » et de « haineux » les propos de M. Ahmadinejad.

La République tchèque, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne au premier semestre 2009, a décidé de se retirer définitivement de la conférence. Le président français Nicolas Sarkozy a appelé l’Union européenne à faire preuve « d’une extrême fermeté » après le discours du président iranien, qu’il a qualifié d’ « appel intolérable à la haine raciste ». La Grande-Bretagne a elle condamné sans réserve « ces propos incendiaires », a déclaré un porte-parole du Premier ministre Gordon Brown.

Le prix Nobel de la paix Elie Wiesel a jugé lundi que Mahmoud Ahmadinejad était « une honte pour les Nations unies, pour la diplomatie mondiale et pour l’humanité tout entière ». Pour Elie Wiesel, le chef d’Etat iranien « a tout repris de Durban I », la première conférence sur le racisme qui s’était déroulée en 2001 en Afrique du Sud et dont les dérapages antisémites avaient provoqué le départ fracassant des Américains et des Israéliens.

Ahmadinejad et le boycott

Cette fois, les Etats-Unis, Israël, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Pologne ont d’emblée refusé d’y participer. Révélant une nouvelle fois des divisions européennes, la France et la Grande-Bretagne se sont décidées à la dernière minute d’être présentes, n’y dépêchant cependant qu’un ambassadeur.

Ce boycottage qui « relève de l’arrogance et de l’égoïsme, est à l’origine des problèmes dans le monde », a commenté pendant une conférence de presse Mahmoud Ahmadinejad, le seul président présent lundi à Genève.

Plusieurs délégués, dont les représentants de la France et de l'Union européenne, ont quitté lundi à Genève la salle de la conférence de l'Onu sur le racisme pendant le discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a qualifié de raciste le gouvernement israélien.